LES COMPLICES DE HITLER
OU
DE BRAVES GENS QUI FAISAIENT DES AFFAIRES EN OR

A l'exception notable du Royaume Uni, l'Europe toute entière a collaboré avec les Nazis : Italie, Espagne, France, Hongrie, Norvège, Suède, Finlande, Portugal, Turquie, Roumanie, Suisse, Danemark. Toutes les nations, à un degré ou à un autre, y sont passées, un peu comme une vieille pute cynique et alléchée dans le lit d'un vieux beau millionaire.

Sans Winston Churchill, on peut estimer que l'Allemagne aurait gagné la guerre car en Angleterre, comme en France ou en Belgique, il y avait des hommes prêts à soutenir le mégalo nazi : Lord Halifax, sir Oswald Mosley et Léon Degrelle furent de ceux-là.

Toutefois, certaines nations non occupées ont profité de la guerre à un point dont on n'a pas idée. L'exemple de la Suisse est le plus frappant et le plus choquant. En 1940, après l'annexion de l'Autriche et de la Tchécoslovaquie, le Reich nazi dispose de près de 200 millions $ de réserves-or. De 1940 à 1945, du fait du pillage des nations occupées, ce montant saute à $580 millions (environ $ 5,6 milliards d'aujourd'hui) et les alliés établiront en 1945 que près de 400 millions ont transité vers la Suisse pour se loger sur des comptes nazis à la Banque Nationale de Suisse (banque centrale).

En échange de cet or, les braves banquiers suisses vont, pendant la guerre, fournir à la machine de guerre nazie les Francs suisses dont elle a besoin pour alimenter ses monstruosités et ses assassinats mais aussi lui vendre quantités d'armes et munitions (pour 750 millions de FS de 1940 à 1944), machines outils, optique militaire (38 MFS) aluminium et locomotives.
L'Allemagne a même installé des usines de fabrication d'armement de l'autre côté de sa frontière avec la Suisse en vue d'éviter les bombardements alliés indésirés. Entre 1940 et 1944, 84% des exportations suisses d'armes et de munitions furent destinées aux pays de l'Axe contre 8% aux Alliés. De 1941 à 1944, 89% des outils de précision suisses, 87% des fusées mécaniques à temps, 81% des marchandises en acier et en fer, 75% des roulements à billes, 68% des armes, 66% des machines-outils et 65% de tous les équipements électriques pour véhicules exportés ont pris le chemin de l'Allemagne.

Ainsi, pendant la guerre, l'Allemagne pourra commercer avec des nations complaisantes qui se feront un plaisir de lui fournir les biens nécessaires à la poursuite de la guerre : la Suède, à l'abri hypocrite de sa "neutralité" vendra des quantités considérables de roulements à billes et du minerai de fer jusqu'à couvrir 40% des besoins allemands de ce minerai, l'Espagne et le Portugal se feront un plaisir de fournir le très rare tungstène, du minerai de fer, du mercure, du zinc. La Turquie livrera du chrome et la France enfin, sous la tutelle de la politique de collaboration si chère au Maréchal, ira jusqu'à procurer à l'Allemagne environ 40% de toutes ses productions.

Jusqu'à la fin de la guerre, la Suisse et les pays neutres refuseront de limiter leurs livraisons à l'Allemagne nazie. En 1945, les alliés estimeront que les coffres suisses détiennent encore de $200 à $398 million d'or monétaire pillé pendant le conflit et exerceront les plus grandes pressions sur les Suisses pour une restitution. Les Suisses ne voulurent rien entendre et finiront par reverser seulement 58 millions après d'interminables négociations. Quant aux actifs allemands détenus par les banques suisses, estimés par les alliés à 250-500 millions de dollars (1946), ils seront finalement retournés en ...1952 mais seulement à hauteur de...28 millions.

A la fin de la guerre et dans les années 50, d'interminables négociations de ce genre eurent lieu avec la Suède, le Portugal, l'Espagne et la Turquie. Toutes ces nations eurent une attitude similaire à la Suisse et conservèrent une bonne partie des réserves or volées par les Nazis ou des actifs allemands déposés dans les coffres de leurs banques alors que ces actifs et cet or avaient été affectés à des Fonds d'aide à la réinsertion des déportés et victimes de guerre. L'égoisme sacré des nations a prévalu sur la misère des survivants.

Toutefois, le Consistoire Juif Mondial se vengera de la mesquinerie et de la malhonnêteté des financiers européens. Au début des années 2000, à la suite de longues négociations entre le Consistoire, le Congrès américain et les nations européennes susceptibles d'avoir commercé avec les Nazis, plusieurs accords furent obtenus : le gouvernement suisse notamment acceptera un "compromis" de 1,2 milliards de dollars à verser aux survivants de l'Holocauste. La Norvège y ira de 50 millions de dollars, l'Espagne quelque $1.5 millions, la Turquie, la Suède et l'Argentine s'en tireront avec quelques belles paroles de reconnaissance tardive de culpabilité collective (et indolore), l'Autriche avait versé $5000 par tête aux survivants en 1995.

Quant à la France de Pétain, ce modèle de démocratie et de résistance aux Nazisme, il fut établi par la Commission Matteoli qu'elle avait couvert pendant la guerre le vol de 1.3 milliards de dollars d'actifs juifs et la saisie de 30.000 appartements appartenant à des Juifs. Toutefois, la Commission établit que 90% des actifs saisis et volés avaient été restitués après la guerre. Il fut décidé par décrêt de jullet 2000 d'indemniser les juifs orphelins de parents morts en déportation à hauteur de 180.000 FF ou d'une pension mensuelle de 3000FF. Les musées de France détenaient encore en 2000 quelque 1998 oeuvres d'art volées à des Juifs pendant la guerre par Vichy et jamais restitués. Michel Laclotte, ancien directeur du Louvre, fut chargé de coordonner les travaux de restitution des oeuvres d'art.

Tant et si bien qu'on se rend compte à quel point les nations europénnes peuvent rougir de leur passé nazi. Toutes, à l'exception du Royaume Uni, sauvé de la honte par Churchill, ont trempé dans les basses oeuvres nazies ou en ont honteusement profité.

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